Coopération Sud-Sud : Le Mali plaide au Caire pour des partenariats au service de l’emploi
Du 6 au 8 septembre 2026, le Mali a pris part au Caire, en Égypte, à la 7ᵉ Réunion du Dialogue entre les Agences de coopération technique des pays membres de la Banque islamique de développement. Une rencontre consacrée au renforcement de la coopération Sud-Sud et à la recherche de réponses collectives aux défis qui affectent les pays partenaires.
La participation du Mali à cette rencontre internationale a été portée à la connaissance du Conseil des ministres du vendredi 18 septembre 2026 par le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Pendant trois jours, les représentants des pays membres ont échangé sur les moyens de développer une coopération davantage orientée vers des résultats concrets. Les discussions ont notamment porté sur le partage d’expériences, le transfert de compétences ainsi que la mise en place de partenariats susceptibles de produire des effets durables dans les pays concernés.
L’emploi des jeunes au cœur de la démarche malienne
À l’occasion de son intervention à la cérémonie d’ouverture, le ministre Oumou Sall Seck a placé l’entrepreneuriat, la formation professionnelle et l’insertion des jeunes parmi les leviers essentiels du développement économique. Cette orientation met en évidence l’importance accordée au développement du capital humain. Dans un contexte où l’accès des jeunes à l’emploi constitue un enjeu majeur, la formation professionnelle apparaît comme un outil permettant de rapprocher les compétences disponibles des besoins du marché. L’entrepreneuriat représente également une autre dimension de cette stratégie. À travers la création et le développement d’activités économiques, les jeunes peuvent participer davantage à la production de richesses et à la création d’emplois. Pour le Mali, ces différents leviers s’inscrivent dans une réflexion plus large autour de la souveraineté économique, entendue notamment comme la capacité à développer les compétences, les ressources et les capacités de production nécessaires au développement national.
Des secteurs stratégiques identifiés
Les échanges du Caire ont également porté sur plusieurs secteurs considérés comme déterminants pour l’avenir des pays partenaires. Le capital humain, les infrastructures, l’intelligence artificielle et la formation professionnelle figuraient notamment parmi les domaines mis en avant. L’intégration de l’intelligence artificielle dans les politiques de développement ouvre, à cet égard, de nouvelles perspectives en matière de formation, d’innovation et de transformation des économies. Pour les pays africains, l’enjeu consiste notamment à renforcer les compétences locales afin de pouvoir tirer pleinement profit des mutations technologiques. La rencontre a également privilégié le transfert de savoir-faire et la réalisation de projets concrets, au-delà des simples échanges institutionnels.
Le Mali expose ses défis au Dialogue du Caire
En marge de la réunion, le ministre a participé au Dialogue du Caire consacré à la réponse aux crises. Cette séquence a permis aux participants d’échanger sur les partenariats et les expériences développées face aux différentes crises auxquelles sont confrontés les États. Le Mali y a présenté son approche face à plusieurs défis : sécuritaires, climatiques, énergétiques, alimentaires et économiques. Cette présentation a permis de mettre en avant les différentes contraintes auxquelles le pays doit faire face, mais également les réponses envisagées dans le cadre de ses politiques nationales.
Vers des partenariats davantage opérationnels
La participation malienne à cette 7ᵉ réunion traduit ainsi une volonté de renforcer les échanges avec les pays membres de la Banque islamique de développement et de rechercher des coopérations davantage axées sur les résultats. Pour le Mali, l’enjeu est désormais de transformer les échanges d’expériences et les opportunités de partenariat en programmes et projets susceptibles de contribuer concrètement au développement du capital humain, à la formation professionnelle, à l’emploi des jeunes et au renforcement des capacités nationales. Au-delà du rendez-vous du Caire, la coopération Sud-Sud apparaît ainsi comme un espace de partage de compétences et de recherche de solutions communes face aux défis économiques et sociaux contemporains.
Seydou K. KONE

