Taxes imposées par les autorités de la transition : Le M5-RFP Mali Kura et le Parti YELEMA dénoncent
Le M5-RFP Mali Kura et le Parti YELEMA « le Changement » dénoncent catégoriquement la nouvelle taxation injuste, illégale et inhumaine imposée par les autorités de la transition sur les populations. Ils demandent dans leur communiqué en date du 9 mars 2025, l’abrogation de l’ordonnance et le décret portant création et gestion de ces nouvelles taxes. Ledit communiqué est signé par le Modibo Sidibé, ancien Premier et Dr Youssouf Diawara Président du parti Yelema.
Rappelons que les autorités de la transition dont le Président Assimi Goita ont pris l’ordonnance et du décret du 07 février 2025 instituant une nouvelle taxe sur les communications, l’internet et les transactions d’argent via la téléphonie mobile. Cette décision est entrée en vigueur le 5 mars dernière, malgré le tollé général que l’annonce de cette mesure avait provoqué auprès de la population, au cours du mois précédant. Depuis les maliens ne finissent d’exprimer leur ras le bol. Certains trouvent cette décision illégale, injustice et inhumaine imposée par les autorités de la transition. Pour d’autres, cette transition ne fait que tirer le pays vers une destination incertaine. Car, depuis leur arrivé en août 2020, ils n’ont pas tenu leurs promesses ni respecté leur serment pris. Pire, ils plongent le pays dans les crises économiques et sécuritaires.
Désormais les Maliennes et les Maliens devront payer à l’État : 10% de taxe sur tout rechargement de crédits et abonnement téléphoniques et internet (en plus des 1% que les opérateurs de téléphonie payent déjà) : 1% de taxe sur les fonds envoyés par téléphonie mobile, en plus des frais de transfert de 1% que les opérateurs de téléphonie prélèvent déjà.
Selon le M5-RFP Mali Kura et le Parti YELEMA plutôt que d’être à l’écoute du peuple, le gouvernement a préféré un forcing à l’allure de défiance pour mettre en œuvre la nouvelle taxation et sa gestion par un dispositif opaque rattaché à la Présidence de la République. En effet, ce fonds logé dans les livres d’une banque du Mali, loin des comptes du trésor public, et placé sous la tutelle de la présidence de la République, peut financer tout projet qu’elle jugera souverainement « d’intérêt essentiel de l’État » ou de « caractère urgent ». Cela laisse la porte largement ouverte à toute sorte de dérive. Ils expliquent que cette taxation est une mesure injuste de spoliation des populations déjà très éprouvées, souvent ruinées par la crise énergétique à laquelle le gouvernement n’a toujours pas apporté un début de solution, la destruction des dizaines de milliers d’emplois liée à la fermeture de milliers d’entreprises, d’ONG et de projets, et par la cherté de la vie. Comme si cela ne suffisait pas à leur peine, par cette mesure, le gouvernement est déterminé à leur enlever le dernier sou de la poche. Quelle légitimité accorder à une telle mesure décidée par le gouvernement seul, envers et contre tous ? Aucune.
Aussi, poursuivant, la légalité de la création de ces nouvelles taxes par Ordonnance est-elle fortement contestée, car cela ne fait pas partie des domaines dans lesquels le CNT a clairement autorisé le gouvernement à légiférer par ordonnance. Selon eux, au même moment, le gouvernement reste sourd à l’exigence de réduction du train de vie de l’État, réclamée par tout le pays et à travers tous les fora, alors qu’elle contribuerait significativement au financement des infrastructures de base et du développement social, prétendument recherché. Ainsi, ils rappellent que du début de la Transition à nos jours, les budgets alloués au Président, au Gouvernement et au CNT ont connu une forte augmentation en milliards de nos francs, y compris en maintenant l’essentiel des indemnités et des dépenses de confort des hauts dignitaires du régime. Au regard de tout ce qui précède, le M5-RFP Mali Kura et le Parti YELEMA « le Changement » dénoncent catégoriquement cette nouvelle taxation injuste et son dispositif opaque de gestion et demandent au gouvernement d’écouter le cri de son peuple en : abrogeant l’Ordonnance et le décret portant création et gestion des nouvelles taxes ; recourant à d’autres sources de financement des infrastructures en question, dont la revue des indemnités supplémentaires et des fonds spéciaux constituerait une preuve d’exemplarité.
M.L. KONE

