Affaire des 20 millions de masques de Covid-19 : Des preuves en faveurs de Youssouf Bathily et ses co-accusés
Cela fait désormais plus de trois ans que Youssouf Bathily, ancien président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), est en détention préventive avec certains de ses collaborateurs. Cette affaire, née au plus fort de la pandémie de Covid-19, concerne un marché public de 20 millions de masques commandés par le gouvernement sous le régime de feu IBK. Au moment du fait, il avait une urgence pour stopper la propagation de la maladie à Covid-19. Alors, le gouvernement décidait d’établir certaines mesures préventives dont le port obligatoire de masque. Vu la situation et la précarité chez les populations, le gouvernement envisageait d’acheter 20 masques à raison de chaque malien, un masque. Il fallait que la Chambre de commerce et d’industrie montait au créneau pour exécuter ce marché. Et par les efforts de son Président les masques ont été disponibles à bref du temps.
Un marché en contexte d’urgence sanitaire
En 2020, alors que le monde entier faisait face à la propagation fulgurante du coronavirus, le gouvernement a pris des mesures pour endiguer la crise sanitaire. Parmi elles, la commande de 20 millions de masques sanitaires destinés à protéger la population. La gestion de ce marché d’envergure avait été confiée à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, institution dirigée alors par M. Youssouf Bathily non moins un grand opérateur économique. Selon les documents disponibles, notamment des correspondances administratives et des lettres signées par le ministre de l’Industrie et du Commerce de l’époque, la procédure a été enclenchée dans l’urgence, sur instruction gouvernementale. La nature exceptionnelle de la situation semblait justifier une dérogation aux règles classiques des marchés publics.
Un rapport qui pointe des « irrégularités », pas un détournement
Le Bureau du Vérificateur Général (BVG), dans un rapport publié après enquête, a mis en lumière un certain nombre d’irrégularités dans la passation et l’exécution du marché. Toutefois, il est important de souligner que le rapport ne parle pas de détournement de fonds. Aucune mention de vol, de corruption ou d’enrichissement personnel n’est explicitement formulée. Soulignons que le rapport du BVG est disponible sur l’internet notamment sur sa page. En le lisant, le BVG affirme même que les masques ont été distribués dans toutes les régions et précise ainsi que dans certaines régions les quantités reçues n’ont pas tout été distribuées. Alors cela fait comprendre que la CCIM a exécuté sa part du contrat. Ainsi, le BVG parle de non-paiement de droit d’enregistrement aux impôts en oubliant que le gouvernement avait accordé vu la situation pandémique l’exonération à tous les produits (pas seulement les masques) qui rentrent dans la prévention contre la maladie de coronavirus. Dans cette affaire, on se demande s’il y a eu l’erreur en mettant en prison Youssouf Bathily et ses collaborateurs. Mais, l’espoir est placé sur la justice pour sa libération et son blanchissement dans cette affaire.
Une détention qui interroge
Malgré l’absence de preuves de détournement, M. Bathily et plusieurs de ses collaborateurs ont été placés sous mandat de dépôt depuis le 23 novembre 2022, « pour atteinte aux biens publics et favoritisme » par la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako. Depuis lors, ils attendent d’être jugés. Trois longues années de détention préventive sans procès, une situation qui soulève une double préoccupation : d’un côté, le respect du principe de présomption d’innocence ; de l’autre, la nécessité pour la justice de faire toute la lumière sur cette affaire. Par ailleurs, il est à retenir que la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako, dans son arrêt du 15 juillet 2025, a renvoyé l’affaire devant une juridiction criminelle tout en accordant le non-lieu partiel à certains accusés.
Les vidéos et les lettres en faveur de Bathily et codétenus
Aujourd’hui, l’affaire des masques n’est pas seulement une question de marché public ou de mauvaise gestion administrative. Elle est devenue un symbole : celui d’une justice lente, parfois opaque, et d’une gouvernance publique qui manque de mécanismes de clarification rapide en période de crise. Par ailleurs, soulignons que la commande des masques portait sur dix millions cinquante mille (10 050 000) masques chirurgicaux et neuf millions neuf cent cinquante mille (9 950 0000) masques lavables et réutilisables locaux et importés. Alors, c’est l’ensemble des masques qui a coûté 10,9 milliards F CFA. Ce marché a été confié au secteur privé via de la Chambre du Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM). Cependant, une convention de financement avait été signée entre le ministre de l’Industrie et du Commerce, celui de l’Économie et des Finances et le président de la Ccim. Ainsi, les vidéos visionnés par soins à travers le reportage de l’ORTM prouvent que les masques ont été réceptionnés à l’aéroport international président Modibo Kéita de Sénou, le 18 avril 2020, par le ministre de l’Industrie et du Commerce Mohamed Ag Erlaf, accompagné de son collègue des Transports et de la Mobilité urbaine Aboul Ly. Les distributions des masques ont amorcées avant la démission du gouvernement suite aux mouvements du M5-RFP, enchainait par le coup d’État d’août 2020. Après l’installation de la transition en septembre de 2020, dans une lettre confidentielle, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des investissements, Harouna Niang a fait savoir au Premier ministre, Mouctar Ouane de l’état d’acquisition et de répartition des 20 millions de masques de protection du Programme « Un malien, un masque ». dans cette lettre en date du 30 octobre 2020, est joint du tableau de distribution desdits masques. Cependant, rappelons qu’en trois jours, les 10 millions de masques chirurgicaux ont été distribués par l’État aux agents électoraux, aux électeurs et aux différents destinataires dans les six Communes du district de Bamako et à l’intérieur du pays. Et les 9 950 000 masqués lavables ont été distribués pour les semaines suivantes. Vue ces preuves, plusieurs observateurs estiment que l’ancien Président de la CCIM, Youssouf Bathily sera libéré. Donc, il suffit que la justice diligente le procès afin ce grand opérateur économique du pays puisse recouvre sa liberté et vaque à ses occupations. Affaire à suivre
Seydou K. KONE (LE FLAMBEAU)

