Transparence dans le secteur extractif : Le rapport ITIE 2024 dévoilé aux médias nationaux
Le Ministère des Mines a servi de cadre, le mercredi 17 juin 2026, à un important atelier de dissémination du Rapport ITIE 2024 à l’intention de la presse et des médias nationaux. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de promotion de la transparence, de la redevabilité et de la bonne gouvernance dans la gestion des ressources minières et pétrolières du Mali.
Présidant la cérémonie d’ouverture, Mme Rokiatou Arby, Conseillère technique du ministre des Mines et présidente de séance, a rappelé que les ressources minières appartiennent à l’ensemble du peuple malien et que leur exploitation doit se faire dans un esprit de transparence absolue. Elle a souligné que l’adhésion du Mali à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) traduit la volonté des autorités de garantir une gestion responsable des richesses naturelles du pays. Selon elle, la production et la publication du Rapport ITIE 2024 répondent aux exigences de cette initiative internationale. Ce document présente notamment la réconciliation des paiements effectués par les sociétés extractives avec les revenus fiscaux et non fiscaux perçus par les administrations publiques, les données relatives à la participation de l’État dans le capital des sociétés extractives, ainsi que les contributions volontaires des entreprises au titre de leur Responsabilité Sociétale (RSE). Mme Arby a indiqué que le rapport met en lumière les apports du secteur extractif au budget national, aux collectivités territoriales et au développement communautaire. Elle a également rappelé que l’ITIE rassemble au sein d’un Comité de Pilotage les administrations publiques concernées, les entreprises extractives et les organisations de la société civile, sous la présidence du ministre chargé des Mines, tandis que le Comité de Supervision est placé sous l’autorité du Premier ministre, Chef du Gouvernement.
Une contribution majeure à l’économie nationale
Les chiffres contenus dans le Rapport ITIE 2024 témoignent du poids stratégique du secteur extractif dans l’économie malienne. En effet, en 2024, le secteur a représenté : 9,5 % du Produit intérieur brut (PIB) ; 40,9 % des recettes fiscales de l’État ; 78,8 % des recettes d’exportation du pays. Le rapport couvre un périmètre de réconciliation comprenant 10 entités publiques et 37 entreprises extractives. L’une des données les plus marquantes demeure l’affectation des revenus miniers au budget public. Celle-ci a atteint 978,3 milliards de FCFA en 2024, contre 641,83 milliards de FCFA en 2023, soit une progression remarquable qui confirme le rôle moteur du secteur dans le financement des politiques publiques. Les collectivités territoriales des régions de Kayes, Sikasso, Koulikoro et Bougouni ont également bénéficié d’importantes retombées financières, avec notamment près de 10,56 milliards de FCFA au titre des patentes.
Les médias, partenaires stratégiques de la transparence
S’adressant aux professionnels de l’information, Mme Rokiatou Arby a insisté sur le rôle central des médias dans la diffusion des données et des résultats de l’ITIE auprès des populations, y compris dans les zones les plus reculées du pays. « Les médias constituent un partenaire stratégique dans les efforts visant à promouvoir une gouvernance transparente, responsable et inclusive du secteur extractif », a-t-elle affirmé, avant d’inviter les participants à s’approprier les conclusions du rapport, à les analyser et à nourrir le débat public en vue de proposer des réformes susceptibles d’améliorer davantage la gestion des ressources naturelles. Elle a également souligné que les discussions porteront sur des questions essentielles telles que le développement local, les revenus générés par le secteur extractif, la divulgation des contrats miniers, les bénéficiaires effectifs des sociétés extractives ainsi que la contribution réelle du secteur à la croissance économique nationale.
Un cadre juridique renforcé pour affirmer la souveraineté du Mali
Au cours de l’atelier, une présentation technique a été faite par M. Boureima Cissé, Secrétaire permanent par intérim de l’ITIE-Mali. Il a dressé un état des lieux du secteur des mines et des hydrocarbures et présenté les principales évolutions institutionnelles et réglementaires intervenues ces dernières années. Selon lui, le Mali dispose aujourd’hui d’un cadre politique, institutionnel et juridique solide pour encadrer les activités extractives. Cette dynamique a été renforcée par l’adoption de la Loi n°2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier ainsi que de la Loi n°2023-041 relative au contenu local dans le secteur minier, deux textes majeurs qui traduisent la volonté des autorités de renforcer la souveraineté nationale sur les ressources minérales et d’accroître les retombées économiques pour les populations. Au 31 décembre 2024, le Mali comptait 705 titres miniers actifs et deux titres pétroliers actifs. Parmi ces titres miniers, treize projets se trouvent actuellement à un stade avancé de recherche, laissant entrevoir des perspectives prometteuses pour le développement futur du secteur. À travers cet atelier de dissémination, les autorités maliennes réaffirment leur engagement en faveur d’une gouvernance transparente des ressources extractives, considérée comme un levier essentiel pour le développement économique durable et le bien-être des populations.
Seydou K. KONE

