Loi des Finances 2026 rectifiée : Plus de 400 milliards de francs CFA des dépenses augmentés
Réuni en Conseil des ministres le vendredi 3 juillet 2026, sous la présidence du Chef de l’État, le Gouvernement a franchi une nouvelle étape dans la gestion des finances publiques en adoptant un projet de loi portant modification de la Loi n°2025-056 du 18 décembre 2025 relative à la loi de Finances pour l’exercice 2026.
Présenté par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alhoussen Sanou ce projet de loi de Finances rectificative vise à adapter les prévisions budgétaires aux nouvelles réalités économiques, fiscales et sécuritaires du pays, tout en consolidant les moyens de l’État pour répondre aux priorités nationales.
Des recettes en nette progression
La révision budgétaire traduit une amélioration significative des recettes de l’État. Cette hausse est principalement portée par l’augmentation du produit de la Taxe Ad Valorem ainsi que par les contributions destinées aux Fonds miniers, désormais érigés en Comptes spéciaux du Trésor. Ainsi, les recettes budgétaires rectifiées atteignent 3 372,895 milliards de francs CFA, contre 3 057,792 milliards de francs CFA dans la loi de Finances initiale. Cette évolution représente une augmentation de 315,103 milliards de francs CFA, soit une progression de 10,30 %, témoignant des efforts entrepris pour renforcer la mobilisation des ressources internes et optimiser les recettes publiques.
La sécurité nationale au cœur des nouvelles priorités budgétaires
Du côté des dépenses, la loi de Finances rectificative prend en compte plusieurs mesures nouvelles répondant aux impératifs du moment. Une part importante des ressources supplémentaires sera consacrée au renforcement des allocations budgétaires destinées aux opérations de sécurisation du territoire national, confirmant la volonté des autorités de poursuivre les efforts en faveur de la stabilité et de la protection des populations. Le Gouvernement prévoit également l’octroi d’une subvention exceptionnelle à la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT), secteur stratégique de l’économie nationale, ainsi que l’inscription de nouvelles dépenses liées aux Comptes spéciaux du Trésor. Au total, les dépenses budgétaires sont désormais évaluées à 3 993,319 milliards de francs CFA, contre 3 578,217 milliards de francs CFA initialement prévus. Cette augmentation de 415,103 milliards de francs CFA correspond à une progression de 11,60 %.
Un déficit maîtrisé au service des investissements prioritaires
Cette révision budgétaire entraîne un ajustement du déficit prévisionnel, qui passe de 520,425 milliards à 620,425 milliards de francs CFA, soit une hausse de 100 milliards de francs CFA. Selon les orientations présentées en Conseil des ministres, cet accroissement du déficit s’inscrit dans une logique de financement des priorités stratégiques de l’État, notamment en matière de sécurité, de soutien aux secteurs productifs et de renforcement des mécanismes de gestion des ressources publiques.
Une adaptation budgétaire aux enjeux du moment
À travers cette loi de Finances rectificative, le Gouvernement démontre sa volonté d’adapter les finances publiques aux évolutions de la conjoncture nationale tout en maintenant le cap sur les grandes priorités de développement. L’amélioration des recettes, conjuguée au renforcement des investissements dans les secteurs stratégiques, traduit une politique budgétaire orientée vers la consolidation de la souveraineté économique, la résilience des institutions et le soutien à la croissance.
Cette réforme budgétaire devra désormais suivre le processus législatif avant son entrée en vigueur, marquant une nouvelle étape dans la mise en œuvre des orientations économiques et financières de l’État pour l’exercice 2026.
M.L. KONE

