Fonds d’assistance sociale destiné aux Maliens en difficulté à l’extérieur : Le détournement, la surfacturation dénoncés

Fonds d’assistance sociale destiné aux Maliens en difficulté à l’extérieur : Le détournement, la surfacturation dénoncés

Dans cette lettre ouverte adressée au ministre Secrétaire général de la présidence par Haidara Chérif Mohamed/Pdt CRDM-D fait énormes révélations du détournement de fonds publics. Lisez plutôt ladite lettre.

 Lettre ouverte de dénonciation relative au détournement de fonds destinés à la protection des Maliens établis à l’extérieur et demande d’ouverture d’enquêtes

Monsieur le Ministre Secrétaire Général de la Présidence,

J’ai l’honneur de porter à votre haute attention des faits d’une extrême gravité relative à la gestion du Ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, dirigé par Monsieur Mossa AG ATTAHER. Il s’agit de pratiques avérées de détournement de fonds publics, de fausses justifications comptables, de surfacturations et de mauvaise gouvernance portant sur les ressources destinées à l’assistance de nos compatriotes vivant à l’étranger, particulièrement ceux en situation de détresse.

Dans un contexte national marqué par des contraintes budgétaires importantes et les sacrifices demandés à l’ensemble des citoyens, les plus hautes autorités de la Transition ont consenti des efforts remarquables en faveur des Maliens de la diaspora.

Cet engagement s’est traduit par leur implication dans les institutions nationales, notamment au sein du Conseil National de Transition, ainsi que par leur participation aux grandes consultations nationales. Ces efforts sont malheureusement compromis par la gestion défaillante et frauduleuse du département en charge des Maliens de l’extérieur.

Depuis plusieurs années, l’État a mis en place un fonds d’assistance sociale destiné aux Maliens en difficulté à l’extérieur, notamment ceux confrontés aux crises migratoires, aux expulsions, aux conflits ou à l’extrême précarité. Ce fonds représente annuellement entre 800 millions et 1 milliard de francs CFA. Pourtant, ces montants sont systématiquement détournés sous couvert d’opérations de rapatriement de Maliens en provenance de la Libye, de l’Algérie, du Niger et d’autres pays de transit.

Dans les faits, plusieurs opérations de retour volontaire et de rapatriement sont prises en charge principalement par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) avec l’appui financier de partenaires techniques et financiers. Les frais de transport, d’hébergement temporaire, d’alimentation, d’assistance sociale et parfois de réintégration sont couverts par ces partenaires extérieurs.

Malgré cela, les mêmes dépenses sont imputées au budget national par le ministère.

Les listes de bénéficiaires déjà pris en charge par l’OIM sont réutilisées pour justifier de nouveaux décaissements publics qui ne profitent nullement aux personnes concernées. Il s’agit d’un système organisé de double financement, de fausses pièces justificatives et de détournement de deniers publics.

Plus grave encore, plusieurs cas de surfacturation ont été enregistrés lors d’opérations ponctuelles d’assistance. À titre d’exemple, dans le cadre de la prise en charge des Maliens victimes des opérations de déguerpissement en Côte d’Ivoire en 2025, l’Ambassade du Mali en Côte d’Ivoire a transmis une facture réelle d’environ 9 millions de francs CFA correspondant aux dépenses effectivement engagées sur place. Pourtant, Monsieur Mossa AG ATTAHER a demandé à ses services financiers de justifier plus de 100 millions de francs CFA pour cette même opération. Cette différence considérable constitue une surfacturation manifeste et un détournement caractérisé des ressources publiques.

Par ailleurs, en 2025, dans le cadre de la gestion des expulsions de Maliens depuis la Mauritanie, un appui financier d’environ 400 millions de francs CFA a été mis à disposition afin de soutenir les migrants concernés ainsi que les communautés d’accueil dans les zones frontalières. En dehors de quelques distributions limitées de vivres, notamment dans la localité de Kahabou Mali, l’essentiel des fonds a été détourné. De nombreux migrants expulsés n’ont reçu ni assistance financière suffisante, ni appui logistique réel pour regagner leurs localités d’origine. Des familles entières sont restées sans secours malgré les ressources mobilisées en leur nom. Cette situation a aggravé leur vulnérabilité et créé un profond sentiment d’abandon. Les mêmes pratiques sont observées au niveau de la Cellule Technique de Codéveloppement ainsi que du programme TOKTEN, qui bénéficient d’appuis publics conséquents depuis plusieurs années. Les crédits alloués sont consommés sans résultats concrets, sans traçabilité suffisante et sans impact visible pour les bénéficiaires annoncés.

La stratégie du ministre consiste à organiser des cérémonies de lancement largement médiatisées afin de donner l’illusion de l’action publique, alors qu’aucune suite sérieuse n’est donnée aux programmes annoncés. Une fois les lancements effectués, les fonds disparaissent au détriment des populations ciblées. Ces agissements portent gravement atteinte à la crédibilité de l’action publique, ternissent l’image de la Transition et détruisent la confiance des Maliens établis à l’extérieur envers les institutions de la République.  Plus grave encore, ils privent des citoyens vulnérables d’un soutien auquel ils ont pleinement droit. Au regard de la gravité des faits, il est indispensable d’ordonner sans délai l’ouverture d’une enquête administrative, financière et judiciaire indépendante. Cette enquête doit notamment porter sur : la gestion du fonds d’assistance aux Maliens en situation de détresse à l’extérieur depuis au moins trois ans ; les opérations de rapatriement financées sur budget national ; les écarts entre dépenses réelles et montants justifiés ; le cas spécifique des Maliens victimes de déguerpissement en Côte d’Ivoire en 2025 ; l’utilisation des crédits alloués aux expulsions depuis la Mauritanie ; les mécanismes de justification comptable utilisés par le ministère ; les activités et dépenses du programme TOKTEN ; la gestion de la Cellule Technique de Codéveloppement.

Il est également nécessaire de requérir officiellement des ambassades concernées, de l’OIM ainsi que des autres partenaires la transmission des listes nominatives des bénéficiaires, des périodes de prise en charge, des correspondances administratives et des justificatifs financiers, afin de procéder à un recoupement rigoureux avec les documents du ministère. La lutte contre la corruption, la restauration de l’autorité de l’État et l’avènement du Mali Kura exigent que nul gestionnaire public ne soit soustrait au contrôle, quelle que soit sa fonction. Les sacrifices demandés au peuple malien imposent en retour exemplarité, transparence et reddition des comptes. En conséquence, je sollicite respectueusement votre haute intervention afin de saisir les structures compétentes de contrôle et d’investigation en vue de faire toute la lumière sur ces faits, d’identifier les responsabilités et d’engager les poursuites appropriées conformément aux lois de la République. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre Secrétaire Général de la Présidence, l’expression de ma très haute considération.

Haidara Chérif Mohamed/Pdt CRDM-D

Le 15 juillet 2026

 

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