Élections professionnelles : L’UNTM interdit toute participation de ses membres

Élections professionnelles : L’UNTM interdit toute participation de ses membres

La tension monte autour de l’organisation des élections professionnelles prévues en 2026. Dans une lettre circulaire adressée à l’ensemble de ses structures, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) a annoncé une décision ferme : interdire strictement à ses représentants de prendre part au processus en cours, dénonçant une démarche unilatérale des autorités.

 

Dans ce document signé par son Secrétaire général, Yacouba Katilé, le Bureau exécutif de l’UNTM dit avoir appris « avec consternation » l’initiative du ministère en charge du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social. Celui-ci aurait saisi les gouverneurs et préfets pour enclencher la mise en place des commissions régionales et locales chargées des élections professionnelles, sans associer la centrale syndicale. Pour l’UNTM, cette décision intervient alors même que des discussions sont toujours en cours dans un cadre formel national, ce qui constitue, selon elle, une violation du principe de concertation. Une situation jugée inacceptable par la principale organisation syndicale du pays.

 

Une interdiction formelle et des sanctions immédiates

 

Face à ce qu’elle qualifie de passage en force, l’UNTM a décidé de serrer les rangs. La lettre circulaire est sans équivoque : tous les responsables syndicaux, à quelque niveau que ce soit, sont formellement interdits de participer à toute activité liée au processus électoral professionnel, notamment la mise en place des commissions. Le Bureau exécutif précise que toute dérogation à cette règle devra faire l’objet d’une autorisation écrite préalable. À défaut, les contrevenants s’exposent à des sanctions disciplinaires immédiates, conformément aux statuts de l’organisation. Cette mesure vise à garantir une discipline interne stricte et à éviter toute division au sein du mouvement syndical dans un contexte déjà tendu.

 

Responsabilisation des structures locales

 

L’UNTM met également la pression sur ses démembrements territoriaux. Les secrétaires généraux des unions régionales et locales sont désormais tenus personnellement responsables de la diffusion et du respect rigoureux de cette décision dans leurs juridictions respectives. Le ton employé dans la lettre souligne la gravité de la situation : la centrale appelle à « la plus grande vigilance » et à « une discipline syndicale exemplaire » face à ce qu’elle perçoit comme une marginalisation de son rôle dans le processus.

 

Vers un bras de fer avec les autorités ?

 

Cette sortie de l’UNTM laisse présager un possible bras de fer avec les autorités en charge de l’organisation des élections professionnelles. En refusant de participer au processus tel qu’il est actuellement engagé, la centrale syndicale pourrait fragiliser la crédibilité et l’inclusivité du scrutin à venir. Reste à savoir si cette position conduira à une reprise des négociations ou à un durcissement des relations entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Une chose est certaine : à quelques mois des échéances, le climat social s’annonce de plus en plus électrique. En outre, à travers cette décision, l’UNTM réaffirme son attachement au dialogue social, mais aussi sa détermination à ne pas se laisser écarter des grandes décisions qui engagent les travailleurs maliens.

 

M.L. KONE

Mali Actuel