Enlèvement de Me Mountaga Tall : Le Barreau dénonce et exige sa libération immédiate
La tension monte au sein du monde judiciaire malien. Dans une déclaration officielle, le mardi 05 mai 2026, l’Ordre des Avocats du Mali a vivement protesté contre l’enlèvement de Maître Mountaga C. Tall, survenu dans la nuit du 2 au 3 mai 2026 à son domicile de Faladié, à Bamako.
Selon le Barreau, l’avocat a été emmené par des individus encagoulés au-delà de 23 heures, dans des conditions jugées totalement extrajudiciaires. Depuis lors, malgré les démarches entreprises auprès des autorités et les recherches engagées, aucune information fiable n’a filtré ni sur l’identité des auteurs, ni sur les motivations de cet acte, encore moins sur le lieu de détention du juriste. Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par les répercussions des attaques terroristes du 25 avril 2026, qui ont notamment coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara. Depuis ces événements, plusieurs interpellations ont été signalées à Bamako, touchant aussi bien des civils que des militaires, dans le cadre des enquêtes ouvertes par les autorités. Une vague d’arrestations qui, si elle s’inscrit dans une logique sécuritaire, suscite également des inquiétudes quant au respect des procédures légales.
Dans sa déclaration, le Barreau rappelle avec fermeté que toute atteinte à la liberté individuelle, à l’intégrité physique ou à la dignité humaine constitue une infraction grave dans un État de droit. L’enlèvement de Me Tall, accompagné de la confiscation de son téléphone portable, est perçu comme une violation flagrante des droits fondamentaux, mais aussi du secret professionnel. Le Bâtonnier Souleymane Soumountera insiste sur les conséquences d’un tel acte : « porter atteinte à un avocat, c’est museler la défense, intimider le corps judiciaire et fragiliser les droits des citoyens ». L’institution met en garde contre une dérive qui pourrait ébranler la crédibilité de l’État et de ses institutions.
Face à cette situation jugée alarmante, le Barreau du Mali exige la libération immédiate et sans condition de Me Mountaga C. Tall. Il appelle également les autorités administratives et sécuritaires à faire toute la lumière sur cette affaire et à garantir la sécurité ainsi que l’intégrité physique et morale de l’avocat. Enfin, l’Ordre des Avocats se réserve le droit d’engager toutes les actions judiciaires nécessaires, tant au niveau national qu’international, pour faire cesser ce qu’il qualifie de « grave violation des droits humains ». Dans un contexte sécuritaire tendu, entre lutte contre le terrorisme et respect des libertés fondamentales, cette affaire relance le débat sur l’équilibre fragile entre impératifs de sécurité et État de droit au Mali.
B. KONE

