L’économie de la mendicité au Mali : Le ménage qui place un enfant en collecte agit sous contrainte de subsistance, au sens de l’axiome de luxe de Basu et Van (1998)

L’économie de la mendicité au Mali : Le ménage qui place un enfant en collecte agit sous contrainte de subsistance, au sens de l’axiome de luxe de Basu et Van (1998)

L’arbitrage échange un flux quotidien certain contre un stock actualisé que l’enfant ne peut ni nantir ni garantir, et Baland et Robinson (2000) en ont établi l’inefficience au sens de Pareto sous rationnement du crédit. Le quota quotidien n’est observé par aucune enquête nationale. Le fixer à une valeur centrale reviendrait à publier une estimation sans son écart type. On borne donc au lieu de supposer, dans l’esprit de Manski (1990), et l’on inverse le calcul en résolvant le point mort, le quota qui égalise sur l’année le flux de l’enfant et chacun des repères maliens. Les solutions valent 493 francs pour le transfert de filets sociaux, 180 000 par an et par ménage, 798 francs pour le seuil de pauvreté, 291 426 par personne, et 1 315 francs pour le salaire minimum légal, 480 000. Les quotas observés dans la région bornent le support entre 100 et 1 250 francs. Les trois points morts y tombent, le dernier à la frontière. Le produit étant croissant dans le quota, la conclusion vaut sur tout le support. Le transfert couvre 4,93 fois le produit à la borne basse et 39,5 pour cent à la borne haute. Ce produit est brut, la subsistance de l’enfant en est déduite.

Reste le destinataire. Duflo (2003) a établi qu’une même pension produit des effets différents sur les enfants selon qui la perçoit. Or le créancier résiduel du temps de l’enfant placé n’est pas le ménage d’origine, et un transfert versé à celui-ci n’entre pas dans la contrainte de celui-là. La condition du premier ordre ne porte pas sur l’agent subventionné. Le coût différé relève du capital humain au sens de Becker (1964), mesuré dans une équation de gains à la Mincer. Au rendement de 10,5 pour cent par année que Psacharopoulos et Patrinos (2018) établissent pour l’Afrique subsaharienne, et pour 2,6 années ajustées de l’apprentissage sur 5,2 attendues, la perte de revenu permanent vaut 23,9 pour cent. La moitié des années attendues ne produit aucun apprentissage mesuré, et l’enfant en collecte perd celles qui en produisent.

L’agrégat reste non identifié. L’enquête démographique et de santé donne 1 466 000 enfants ne vivant avec aucun parent biologique, dont la moitié dans un arrangement non caractérisé. La loi progresse sans mordre. Le code pénal de 2024 offre des protections plus complètes contre l’esclavage, le pays comptait soixante-quinze inspecteurs du travail la même année, et le Département du travail des États-Unis ignore si une poursuite a suivi. Une infraction que l’on ne compte pas ne se poursuit pas. Recenser d’abord, la question de résidence étant déjà posée. Calibrer ensuite sur le créancier résiduel.

Dr Khalid DEMBELE,

Mali Actuel