Presse écrite privée : L’ASSEP, le GROUPE et l’UNAJEP plaident pour une réforme concertée
Le Cadre de concertation des faîtières de la presse écrite privée, regroupant l’Association des éditeurs de la presse privée (ASSEP), le GROUPE et l’UNAJEP, a tenu, samedi 12 septembre 2026, une Assemblée générale extraordinaire au siège de l’ASSEP. La rencontre a porté principalement sur deux dossiers majeurs pour l’avenir du secteur : la préfiguration de l’organe d’autorégulation des médias, communément appelé « Conseil des pairs », et la relecture de la Convention collective de la presse.
Dans son discours d’ouverture, le président de l’ASSEP, Boubacar Yalkoué, s’est félicité de la tenue de cette rencontre, tout en insistant sur la nécessité d’une démarche collective pour toute réforme concernant l’ensemble de la profession. Selon lui, les décisions engageant l’avenir de la presse écrite privée doivent être discutées dans la transparence et en tenant compte des prérogatives des différentes organisations professionnelles.
Sur la question de l’autorégulation, les trois faîtières ont réaffirmé leur adhésion au principe de la mise en place d’un Conseil des pairs. Elles considèrent l’autorégulation comme un mécanisme susceptible de contribuer au renforcement de l’éthique, de la responsabilité professionnelle et de la crédibilité des médias. Toutefois, elles ont exprimé des réserves concernant la méthode employée pour engager le processus. Le président de l’ASSEP a notamment rappelé qu’une première commission avait été mise en place en 2025 pour travailler sur cette question, avant la suspension de ses travaux en septembre de la même année. Les organisations souhaitent ainsi que le travail déjà effectué soit pris en compte et que les principales composantes de la profession soient associées aux prochaines étapes.
Le deuxième point majeur de l’Assemblée générale concernait la Convention collective de la presse. Les organisations reconnaissent la nécessité d’actualiser un texte dont les dispositions remontent à 2008, afin de tenir compte des évolutions du secteur et des nouvelles réalités professionnelles. Cependant, elles insistent sur le respect des procédures prévues par la Convention elle-même. Elles estiment également que toute révision doit tenir compte de la situation économique difficile des entreprises de presse. Baisse des recettes publicitaires, augmentation des charges, difficultés de fonctionnement et retard de l’aide à la presse figurent parmi les préoccupations évoquées.
Pour les trois organisations, l’amélioration des conditions de travail des journalistes et des travailleurs des médias doit aller de pair avec la consolidation économique des entreprises de presse. Une presse fragilisée financièrement, soulignent-elles, rencontre nécessairement des difficultés à garantir durablement les emplois et les droits de ses travailleurs. Au terme des échanges, l’ASSEP, le GROUPE et l’UNAJEP ont adopté une déclaration commune. Ils réaffirment leur attachement à l’unité de la profession, au dialogue et à la concertation. Ils se disent également disponibles à poursuivre les discussions avec la Maison de la Presse, les autorités publiques, les organisations syndicales et les autres partenaires du secteur. Les trois faîtières ont enfin décidé de parler d’une seule voix sur les questions engageant l’avenir de la presse écrite privée. Pour elles, l’unité professionnelle doit permettre de défendre à la fois la qualité du travail journalistique, les droits des travailleurs et la viabilité économique des entreprises de presse.
Seydou K. KONE

