Rififi entre Barrick et Gouvernement : A qui profite de cette tension ?
Les relations entre la société minière Barrick Gold et le gouvernement de transition du Mali traversent une période de turbulences. Alors même que cette entreprise occupe une place stratégique dans l’économie nationale, les incompréhensions et les tensions se multiplient.
Depuis que les autorités maliennes ont décidé de suspendre certaines activités minières et d’interdire temporairement l’exportation de l’or, Barrick Gold, principal opérateur de la mine de Loulo-Gounkoto, a affirmé son engagement à respecter les nouvelles directives gouvernementales. Selon des sources proches du dossier, l’entreprise aurait même accepté plusieurs conditions imposées par le gouvernement, dans un esprit de collaboration. Mais malgré cette volonté de coopération affichée, le climat reste tendu. Des rumeurs persistantes évoquent une volonté du gouvernement de transférer le contrôle de la mine aux intérêts russes. Si ces informations n’ont pas été confirmées, le manque de transparence dans la gestion du dossier alimente les soupçons. Pour certains observateurs, ces spéculations ne sont pas infondées. L’absence de communication claire de la part des autorités, combinée à une série de décisions prises sans concertation, renforce l’idée que des enjeux géopolitiques et économiques se jouent en coulisses. Des intérêts individuels ou de groupes influents au sein de l’appareil d’État pourraient être à l’origine de ces manœuvres, au détriment de l’intérêt national.
Barrick, de son côté, continue de plaider pour un partenariat stable et durable, au bénéfice des populations locales et de l’économie malienne. L’entreprise assure être prête à investir davantage, à condition que le climat institutionnel permette une collaboration fondée sur la confiance et la réciprocité.
Face à cette situation, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander l’implication directe du président de la transition, Assimi Goïta. Beaucoup estiment qu’il est temps qu’il intervienne pour clarifier les intentions du gouvernement, préserver les emplois liés à la mine et éviter une crise économique majeure. Car au-delà des enjeux politiques et stratégiques, des milliers de Maliens dépendent directement ou indirectement de cette activité minière. Un affaiblissement du partenariat avec Barrick pourrait non seulement freiner la croissance du secteur, mais aussi plonger de nombreuses familles dans la précarité. À l’heure où le Mali cherche à renforcer sa souveraineté économique, il devient essentiel que les décisions prises dans le secteur minier soient transparentes, équilibrées et centrées sur l’intérêt du peuple malien.
M.L. KONE

