Tentative de coup d’État : Le gouvernement de transition dénonce un complot
Le gouvernement de Transition a publié ce 14 août 2025 un communiqué (N°077) annonçant l’arrestation d’un groupe de militaires et de civils accusés de complot contre les institutions de la République. Selon les autorités, la conspiration aurait été conduite avec l’appui d’États étrangers et visait à déstabiliser le pays. Parmi les personnes interpellées figureraient deux généraux maliens, Abass Dembélé et Néma Sagara, ainsi qu’un ressortissant français, présenté comme agent du renseignement de son pays.
Si l’exécutif affirme que la situation est « totalement sous contrôle », ce nouvel épisode vient rappeler l’instabilité politique chronique qui mine le pays depuis plusieurs années. L’arrestation de militaires en activité, accusés de trahison, interroge une fois encore sur la cohésion des forces armées, alors que le pays est en proie à une insécurité persistante.
Une transition sans fin ?
Lorsque les militaires ont pris le pouvoir en août 2020, sous la conduite du colonel Assimi Goïta, ils s’étaient engagés à organiser des élections au bout de 18 mois. Or, près de cinq ans plus tard, le calendrier électoral demeure flou. Le discours officiel conditionne désormais le retour à l’ordre constitutionnel à une hypothétique « stabilité du pays ». Une posture qui alimente les critiques, tant au Mali qu’à l’international, sur une transition devenue de facto indéfinie. Pourtant, loin d’une stabilisation, la situation sécuritaire et économique s’est aggravée. Les attaques des groupes armés ne se limitent plus aux zones rurales : elles visent désormais des infrastructures économiques, fragilisant davantage une économie déjà en souffrance. Pour la population, confrontée à la hausse des prix et au chômage, la promesse de refondation se transforme en désillusion.
Un risque de précédent dangereux
Certains observateurs estiment qu’en s’accrochant au pouvoir, les dirigeants de la transition ouvrent la voie à un cycle sans fin de putschs militaires. « De la même manière qu’ils sont arrivés au pouvoir par la force, d’autres pourraient être tentés de suivre leur exemple », prévient un analyste politique. Une telle spirale ne servirait ni les intérêts de la nation ni ceux du peuple, mais uniquement les privilèges liés à la gestion du pouvoir.
Un appel à un retour rapide à l’ordre constitutionnel
Face à l’incertitude et à l’usure d’une transition prolongée, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger la tenue rapide d’élections libres et transparentes. Le retour à l’ordre constitutionnel est désormais perçu comme une condition indispensable pour restaurer la confiance entre les institutions et la population, et pour mobiliser toutes les forces vives autour de la lutte contre le terrorisme. En attendant, le gouvernement appelle les Maliens au calme et à la vigilance face aux tentatives de déstabilisation. Mais dans l’opinion, l’impatience grandit et le scepticisme s’installe quant à la volonté réelle des autorités de céder le pouvoir à des institutions démocratiquement élues.
Seydou K. KONE

