Garde à vue depuis le 12 août : Choguel Kokalla Maïga serait-il mis sous mandat de dépôt ?

Garde à vue depuis le 12 août : Choguel Kokalla Maïga serait-il mis sous mandat de dépôt ?

L’ancien Premier ministre de la transition, Dr Choguel Kokalla Maïga, a été placé en garde à vue au pôle économique et financier de Bamako, le 12 août 2025 dernier. Selon des sources judiciaires, il devra comparaître le mardi 19 août devant le procureur général près la Cour suprême pour répondre à des accusations contre lui. On se demande face au Procureur l’ancien Premier ministre de la transition sera-t-il mis sous mandat de dépôt ? la réponse à cette préoccupation sera connue après sa rencontre avec le procureur. En tout cas, Choguel se dit être clair dans cette affaire à savoir sa gestion pendant son séjour à la Primature.

Cette convocation marque un tournant inattendu dans le parcours de celui qui fut, durant plusieurs années, l’un des visages les plus médiatisés du régime de transition. On peut dire que le vent tourne contre un ancien allié des militaires au pouvoir. L’homme fort du M5-RFP, porté au sommet de l’exécutif après la chute du régime IBK, avait bâti sa légitimité sur un discours de rupture et de refondation. Mais une fois nommé Premier ministre en 2021, Choguel Maïga s’est transformé en ardent défenseur du régime militaire, n’hésitant pas à en prolonger la transition au détriment des engagements initiaux pris envers le peuple malien. Ses déclarations publiques, souvent teintées de triomphalisme, servaient davantage à glorifier le colonel Assimi Goïta et ses compagnons qu’à préparer le retour à l’ordre constitutionnel. Ironie de l’histoire, celui qui pensait incarner la stabilité de la transition en rêvant peut-être de rester Premier ministre jusqu’à son terme indéfini, se retrouve aujourd’hui fragilisé par ceux-là mêmes qui l’ont utilisé comme bouclier politique.

Un jeu dangereux de manipulations politiques

Durant son passage à la primature, Choguel Maïga s’est illustré par des attaques contre ses anciens compagnons du M5-RFP, qu’il a contribué à diviser, et par ses propos acerbes envers la classe politique qu’il qualifiait souvent de corrompue et inapte. Pendant ce temps, il n’hésitait pas à qualifier les militaires de « fils bénis du pays », reléguant les autres acteurs de la vie nationale au rang d’opposants décriés. Aujourd’hui, la roue semble avoir tourné : celui qui accusait et marginalisait les autres se retrouve accusé et marginalisé à son tour. Une situation qui illustre la fragilité de toute alliance fondée sur l’opportunisme plutôt que sur des principes solides.

Une leçon de pouvoir éphémère

La convocation de Choguel Maïga rappelle une vérité universelle : le pouvoir est éphémère et nul n’est assez fort pour l’être toujours. Les éloges d’hier se transforment en charges judiciaires aujourd’hui. Sa chute politique et judiciaire doit interpeller la classe dirigeante sur les dangers de la personnalisation du pouvoir, des manipulations et de l’exclusion des autres forces vives de la nation. Alors que le pays traverse une crise sécuritaire et économique sans précédent, la justice qui frappe aujourd’hui l’ancien Premier ministre de la transition pourrait être perçue comme un avertissement à tous ceux qui placent leur destin politique au-dessus de l’intérêt général.

Seydou K. KONE

Mali Actuel