Tabaski 2026 : La flambée du prix des moutons inquiète les familles

Tabaski 2026 : La flambée du prix des moutons inquiète les familles

À quelques jours de la fête de la Tabaski, prévue cette année le mercredi 27 mai 2026, l’inquiétude grandit au sein de nombreuses familles maliennes face à la hausse spectaculaire du prix des moutons sur les marchés à bétail. Alors que cette célébration représente l’un des événements religieux les plus importants pour les musulmans, beaucoup peinent désormais à trouver un animal à un prix accessible.

Dans la tradition musulmane, l’immolation du mouton lors de la Tabaski constitue un acte religieux fortement recommandé pour tout fidèle ayant les moyens financiers de l’accomplir. Mais sur les marchés de Bamako comme dans plusieurs régions du pays, les prix affichés cette année dépassent largement les capacités de nombreuses familles. Selon plusieurs acheteurs rencontrés dans les marchés à bétail, il devient presque impossible de trouver un mouton de taille moyenne à moins de 150 000 francs CFA. Les plus gros spécimens atteignent parfois des montants encore plus élevés, provoquant frustration et découragement chez de nombreux chefs de famille. « Avant, avec un budget raisonnable, on pouvait acheter un bon mouton pour la famille. Aujourd’hui, même les moutons ordinaires coûtent extrêmement cher », confie un père de famille venu chercher un animal pour la fête.

Cette flambée des prix s’explique principalement par la rareté des moutons disponibles sur le marché. Depuis plusieurs années, le secteur de l’élevage fait face à d’énormes difficultés liées à l’insécurité persistante dans certaines zones du pays. Les attaques armées par les terroristes, les déplacements forcés de populations et l’instabilité dans plusieurs régions ont fortement perturbé les activités pastorales. Depuis environ six ans, de nombreux éleveurs vivent dans des conditions particulièrement difficiles. Certains ont perdu une partie de leurs troupeaux à cause des violences, tandis que d’autres peinent à accéder aux pâturages ou aux marchés de commercialisation. Le transport du bétail est également devenu plus compliqué et plus coûteux en raison de l’insécurité sur plusieurs axes routiers. À cela s’ajoutent la hausse du prix de l’alimentation animale, les difficultés d’accès à l’eau et l’augmentation générale du coût de la vie. Toutes ces contraintes se répercutent directement sur le prix des moutons vendus aux consommateurs. Malgré cette situation difficile, de nombreuses familles continuent de se battre pour préserver l’esprit de la Tabaski, symbole de foi, de sacrifice et de solidarité. Certains préfèrent cotiser entre proches pour acheter le bœuf, tandis que d’autres se tournent vers des moutons plus petits afin de respecter la tradition selon leurs moyens.

Pour plusieurs observateurs, cette situation rappelle à quel point la stabilité sécuritaire et le soutien au monde rural demeurent essentiels pour préserver l’équilibre économique et social du pays. Car derrière chaque mouton vendu sur le marché se cache souvent le combat quotidien d’un éleveur confronté à d’innombrables difficultés. À quelques jours de la fête, beaucoup espèrent encore une légère baisse des prix afin de permettre au plus grand nombre de célébrer la Tabaski dans la dignité et la sérénité.

M.L. KONE LE FONDEMET

Mali Actuel