Crise énergétique : Y aura-t-il une solution tant que les autorités ne sont pas concernées ?

Crise énergétique : Y aura-t-il une solution tant que les autorités ne sont pas concernées ?

Aujourd’hui, la crise énergétique au Mali, notamment à Bamako la capitale, dépasse l’imagination. Depuis 2021 jusqu’à nos jours, les autorités de la transition n’arrivent pas à trouver une solution à cette crise qui affecte tous les secteurs économiques et vitaux. Des promesses non tenues ont contribué à aggraver la situation, qui va de mal en pire.

En cette période de canicule, presque tous les quartiers de Bamako ne disposent de courant que cinq heures sur vingt-quatre. Les populations souffrent, et les travailleurs, faute d’électricité, se retrouvent au chômage technique. Pourtant, ceux qui doivent résoudre cette crise disposent, pour la plupart, de groupes électrogènes ou de panneaux solaires installés chez eux. Cela signifie qu’ils ne mesurent pas réellement les souffrances des populations qui n’ont pas les mêmes moyens, ni les conséquences des délestages sur les activités économiques et sur la santé humaine, notamment celle des personnes âgées. Dès lors, une question mérite d’être posée : auront-ils la solution à la crise énergétique tant que les autorités chargées de la résoudre disposent, chez elles, de panneaux solaires ou de groupes électrogènes ?

Le Mali traverse une crise multidimensionnelle depuis des décennies. Celle-ci a conduit à un soulèvement de certains Maliens, débouchant sur un coup d’État militaire en août 2020. Pourtant, dans la Constitution, le coup d’État est considéré comme un crime imprescriptible et, de manière générale, il entrave le développement du pays. Pour certains, cet acte ne profite qu’à ses auteurs, à leurs proches et à leurs connaissances, car ils se partagent les postes clés et stratégiques de l’État. Cependant, si beaucoup avaient placé leur espoir aux auteurs du coup d’État d’août 2020 pour refonder le pays, aujourd’hui nombreux sont ceux qui regrettent cet événement. Car le pays n’a pas évolué d’un iota par rapport au régime de feu IBK. Au contraire, la situation s’est dégradée dans tous les secteurs, notamment celui de l’énergie.

Aujourd’hui, les Maliens souffrent à cause des coupures intempestives de courant. Dans certains quartiers de Bamako, les coupures peuvent durer 24 heures, 48 heures, voire 72 heures. « Je ne sais pas quoi dire. Pendant que d’autres pays avancent, le nôtre recule. Même parmi les pays de l’AES, le Mali n’avance pas. Concernant l’électricité, l’ancien Premier ministre Moussa Mara nous a dit toutes les vérités. Je ne sais pas si c’est de l’orgueil ou autre chose, mais les autorités actuelles refusent d’aller chercher de l’électricité auprès de la République de Côte d’Ivoire. Malheureusement, elles se moquent de nous parce qu’elles disposent presque toutes de panneaux photovoltaïques ou de groupes électrogènes. Un bon dirigeant devrait aussi subir les conséquences des coupures ; sans cela, ces autorités ne trouveront jamais de solution à la crise énergétique », nous confie Adama Traoré, un commerçant. Pour Mme Camara Aïssata Sylla, les autorités ne connaissent pas la souffrance du peuple, sinon la situation n’aurait pas duré aussi longtemps. « Vous savez, nous sommes fatigués des fausses promesses de nos autorités. Même le président de la transition, Assimi Goïta, nous avait fait des promesses, et aujourd’hui cela fait trois ans. Parfois, à force de réfléchir, on perd espoir pour ce pays. On a l’impression que les autorités ne se soucient pas du peuple, mais seulement d’elles-mêmes et de leurs proches. Nous prions que Dieu aide notre pays, avec des dirigeants qui partagent les souffrances du peuple au lieu de chercher à s’enrichir », ajoute-t-elle.

Par ailleurs, ils sont nombreux aujourd’hui, les Maliens qui souffrent du manque d’électricité. Beaucoup restent chez eux, impuissants, avec leurs personnes âgées qui subissent durement les effets de la canicule sans électricité. Cependant, il revient aux autorités de redoubler les efforts pour résoudre le problème de l’électricité.

M.L. KONE

LE FONDEMENT

Mali Actuel