Burkina Faso : La diffusion de TV5 Monde suspendue pour manquements éthiques et désinformation

Burkina Faso : La diffusion de TV5 Monde suspendue pour manquements éthiques et désinformation

Les autorités burkinabè ont décidé de frapper fort dans le paysage médiatique. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a annoncé, à travers un communiqué officiel, l’interdiction de la diffusion de la chaîne internationale TV5 Monde sur l’ensemble du territoire du Burkina Faso.

 

Cette décision, entérinée par la décision n°2026-018/CSC en date du 5 mai 2026, fait suite à ce que l’organe de régulation qualifie de « nombreux manquements » à la loi, à l’éthique et à la déontologie journalistique. En ligne de mire, le traitement de l’information relative à la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso ainsi que la couverture des attaques survenues le 25 avril 2026 au Mali. Selon le CSC, plusieurs éditions du journal télévisé de la chaîne, diffusées entre avril et mai 2026, contiendraient des éléments de désinformation et, plus grave encore, des faits assimilés à une apologie du terrorisme. Des accusations lourdes qui ont conduit l’instance à prendre une mesure radicale en suspendant purement et simplement la diffusion du média.

 

Le régulateur rappelle que ce n’est pas la première fois que TV5 Monde se retrouve dans son viseur. En 2024 déjà, la chaîne avait été suspendue à deux reprises, notamment les 27 avril et 18 juin, pour des dérapages jugés similaires. À travers cette décision, le CSC entend également lancer un avertissement à l’ensemble des organes de presse opérant dans le pays. L’institution invite les médias à faire preuve de « rigueur professionnelle » et à respecter strictement les règles d’éthique et de déontologie, particulièrement dans un contexte sécuritaire marqué par la recrudescence des attaques terroristes.

 

Signé par son président, Wendingoudi Louis Modeste Ouédraogo, le communiqué s’inscrit dans une volonté affichée des autorités burkinabè de mieux encadrer le traitement de l’information sensible, tout en affirmant leur souveraineté médiatique. Cette interdiction soulève néanmoins des interrogations sur l’équilibre entre régulation de l’information et liberté de la presse dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires majeurs.

S.B. TRAORE LE FONDEMENT

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