Disparition de Me Mountaga Tall : Le Comité de l’ONU demande des mesures urgentes aux autorités maliennes
Le Comité des disparitions forcées des Nations unies (CED) a demandé aux autorités maliennes de prendre des mesures urgentes afin de retrouver Me Mountaga Tall et son fils aîné, Cheick Mamadou Tall, portés disparus depuis les 3 et 16 mai 2026.
Dans une lettre datée du 10 juillet 2026, adressée à la Mission permanente du Mali auprès des Nations unies, le Comité, saisi par les avocats de la famille Tall dans le cadre de la procédure d’action urgente prévue par la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, appelle les autorités à rechercher, localiser et protéger les deux hommes. L’organe onusien demande notamment aux autorités de préciser si Me Mountaga Tall et son fils sont détenus dans un lieu placé sous leur contrôle. Le cas échéant, il sollicite la communication de leur lieu de détention, des éventuelles charges retenues contre eux ainsi que des bases juridiques de leur privation de liberté. Il insiste également sur la nécessité de garantir leur accès à leurs proches, à leurs avocats et, pour Me Mountaga Tall, aux soins médicaux que requiert son état de santé.
Selon les informations communiquées par la famille, Me Mountaga Tall aurait été enlevé dans la nuit du 2 au 3 mai 2026 à son domicile de Bamako par des hommes armés et cagoulés. Son fils aîné a disparu le 16 mai, après avoir répondu à un appel l’invitant à apporter des effets personnels destinés à son père. À ce jour, aucune communication officielle n’a permis de confirmer le lieu où se trouvent les deux hommes ni les raisons de leur éventuelle détention. Parallèlement à la procédure engagée devant le Comité des disparitions forcées, les avocats de la famille ont également saisi des juridictions régionales afin d’obtenir des mesures conservatoires.
Le Comité rappelle que sa démarche s’inscrit dans le cadre des mécanismes prévus par le droit international et vise à obtenir des informations sur le sort des personnes disparues, sans constituer une décision de justice ou une condamnation de l’État malien.
S.B. TRAORE
LE FONDEMENT

