Grève à l’hôpital Gabriel Touré : La direction inflige des sanctions aux grévistes et les comités syndicaux dénoncent

Grève à l’hôpital Gabriel Touré : La direction inflige des sanctions aux grévistes et les comités syndicaux dénoncent

L’hôpital Gabriel Touré est toujours plongée dans une grève depuis un certain moment. Les Comités syndicaux SNS-AS-PF et SYNACAM de l’hôpital ne cessent de convaincre sur la nécessité de leurs luttes pour une bonne gouvernance de l’hôpital et une meilleure condition de vie des travailleurs. De ce fait, la Direction inflige des sanctions aux   grévistes. Face à cette situation, les comités syndicaux ont adressé une lettre explicite au ministre du Travail, de la Fonction Publique et du Dialogue Social, Fanssou Coulibaly.

En effet, dans ladite lettre, les Comités syndicaux SNS-AS-PF et SYNACAM de l’hôpital Gabriel Touré font savoir au ministre qu’ils ont déposé un préavis de grève le 17 mai 2023. « En violation des articles 3 à 9 de la loi N°87-47/AN-RM du 10 août 1987 relative à l’exercice du droit de grève dans les services publics, aucune session de conciliation n’a été organisée par votre Département. Ce qui a inéluctablement conduit au déclenchement des séries de grève, conformément au préavis déposé, depuis le 31 mai 2023 et cela dans l’indifférence totale des deux Ministères en charge de la gestion de ce préavis », expliquent-ils. Selon eux, cette grève qui est largement suivie par le personnel de l’hôpital Gabriel Touré se déroule en respectant le service minimum dans tous les services hospitaliers. Cependant, ajoutent-ils, dans un élan de sanction du personnel, le Directeur Général de l’hôpital a pu obtenir l’accord du Ministre du Travail, de la Fonction Publique et du Dialogue Social pour effectuer des retenues sur salaire du personnel en référence à l’article 17 de la même loi dont la violation a été évoquée ci-dessus. « A la date d’aujourd’hui l’épilogue des sanctions initiées par le Directeur de l’hôpital à l’encontre du personnel a atteint une phase dangereuse avec des demandes d’explication adressées à des responsables syndicaux en insinuant des manquements professionnels sur fonds de mensonges et de calomnies », dénoncent-ils.

Cependant, selon les comités syndicaux, vu ce qui précède, ils ont décidé de ce qui suit : Intensifier le mouvement de grève en demandant la libération de tous les stagiaires de l’hôpital notamment les internes et les DES (Médecins en formation de spécialisation). Ce qui devrait conduire à la tenue de la garde, donc du service minimum, par le seul personnel régulier présent dans les services hospitaliers ; augmenter le nombre de jours de sit-in en les élargissant à d’autres sites de l’hôpital ; rencontrer d’autres syndicats dans d’autres hôpitaux du pays pour des actions communes et concertées. « D’ores et déjà, les Comités Syndicaux dégagent toute leur responsabilité et celle du personnel de l’hôpital de toutes les conséquences pouvant découler de ces actions ci-dessus énumérées qui pourraient être renforcées par d’autres initiatives conformément à la loi et aux conventions ratifiées par le Mali dans le cadre de l’exercice du droit de grève », indiquent-ils. Et d’espérer qu’une session de conciliation sera ouverte sur les points du préavis ci-dessus évoqué et tout en  rassurant de leur Disponibilité Totale et Permanente au Dialogue Responsable et Constructif pour le Pays.

M.O. COULIBALY

Mali Actuel